• Kevin Dover-Green

La bouderie Deshaun Watson : de l’or en barre pour les Jets

Au fil du temps, le sport a été marqué par des sagas mémorables d’athlètes de haut niveau qui ont voulu faire à leur façon. Ce qui motive ces athlètes à exiger des transactions varie selon les situations. Parfois, il s’agit d’un désir de fuir l'ombre d'un autre joueur – c’est souvent le cas dans la NBA. Dans d'autres cas, il se peut qu’un joueur ne croit tout simplement pas que la direction de son équipe est suffisamment engagée ou capable de bâtir une équipe qui peut aspirer au championnat.


Dans la NFL, les cas de Eli Manning et John Elway sont sans précédent. Manning était le 1er choix incontesté du repêchage de 2004 et l'équipe avec le premier choix, les Chargers, pensaient avoir trouvé leur quart-arrière de franchise. Puis, quelques jours à peine avant le repêchage, Archie Manning a formellement déclaré qu'il ne voulait pas que son fils évolue à San Diego. Archie voulait Eli à New York.


La situation de John Elway était presque identique à celle de Manning. Les Colts ont choisi, en 1983, Elway avec le premier choix au total, et ce même si le père de ce dernier avait clairement indiqué à l’équipe, des mois plus tôt, que son fils ne jouerait jamais pour Baltimore. Et Elway avait quelque chose que Manning n'avait pas : une carrière de baseball sur laquelle se rabattre. Le quart-arrière avait alors menacé de laisser le football derrière lui et les Colts ont finalement cédé, envoyant Elway aux Broncos.


En ce qui concerne les controverses de quart-arrière, rien n’égale celle des 49ers et de Joe Montana de 1992. Montana, qui avait mené l'équipe à quatre Super Bowls, était le visage incontesté de la franchise. Puis, il a raté toute la saison 1991 et la majeure partie de la saison 1992 en raison d'une blessure au coude. En son absence, Steve Young est devenu l'un des meilleurs quarts de la ligue et quand Montana fut prêt à effectuer un retour au jeu avant la saison 1993, il a catégoriquement refusé de servir à titre de réserviste à Young. Il fut finalement échangé aux Chiefs de Kansas City.


Des années plus tard, nous revivons une autre controverse d’envergure impliquant un quart-arrière étoile : la bouderie Deshaun Watson. Mais le cas de Watson est singulier. D’abord, parce qu’il faut savoir que ce dernier a paraphé une prolongation de contrat de 4 ans et 160 M$ avec Houston le 5 septembre dernier, il n’y a même pas 5 mois de cela – quelques mois déjà après que les Texans aient échangé le receveur DeAndre Hopkins. Alors, qu’elle est réellement l’excuse de Watson? Il aurait nécessairement dû savoir dans quoi il s’embarquait lorsqu’il a apposé sa signature au bas d’une entente qui allait le lier aux Texans pour quatre années additionnelles. De toute évidence, l’ancien des Tigers de Clemson s’en mord aujourd’hui les doigts et il est incapable d’assumer sa décision. Cela dit, Deshaun Watson a ni plus ni moins ouvertement demandé une transaction et son vœu sera vraisemblablement exaucé en ce sens que les deux partis ont atteint un point de non-retour irréparable.


Selon les ouï-dire, le quart-arrière étoile aurait les Jets de New York comme destination de choix après l’embauche de ces derniers de Robert Saleh, l’ancien des 49ers, à titre d’entraîneur-chef. Toujours selon les rumeurs, Saleh aurait été l'un des deux candidats pour lesquels Watson aurait demandé l'entrevue avec les Texans après que le propriétaire Cal McNair ait dit à son quart-arrière vedette qu'il aurait son mot à dire dans le processus de recrutement. Les Texans ont finalement été l’une des seules équipes à ne pas interviewer Saleh et Eric Bieniemy, l’autre candidat de prédilection de Watson.


De leur côté, après avoir maladroitement saboté leur chance de repêcher Trevor Lawrence, les Jets ont maintenant l’opportunité de racheter leur bourde de belle façon – et ils doivent assurément la saisir. L’arrivée en ville de Deshaun Watson ferait vite oublier aux partisans des Jets ce qu’aurait pu être Trevor Lawrence dans l’uniforme vert et blanc. Les Jets, sans même y réfléchir, doivent offrir aux Texans le 2e choix au total au prochain repêchage (et plus) pour Watson. Une offre que les Texans ne pourraient refuser serait le 2e choix au total à l’encan de cette année, et des choix additionnels de premier tour en 2022 et 2023. Et même si le prix semble cher payé, il s’agirait d’un excellent coup de l’état-major des Jets. New York aurait toujours la 23e sélection au prochain repêchage et un choix de 1ère ronde en 2022 (acquis des Seahawks dans la transaction impliquant Jamal Adams). Le quart-arrière de troisième année Sam Darnold pourrait alors être échanger, à son tour, pour des choix supplémentaires. Réalistement, il s’agit du meilleur retour que les Texans peuvent espérer pour un joueur qui n’a plus le désir de jouer à Houston. La relation entre Watson et les Texans est décidément brisée et les Texans doivent tourner la page, alors que les Jets doivent par conséquent en tirer profit. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-on.


Avec l’acquisition de Deshaun Watson et l’embauche de Robert Saleh, un vent de renouveau soufflerait sur les Jets dès l’an prochain. L’équipe deviendrait aussitôt une destination intéressante pour les joueurs autonomes et l’équipe pourrait repêcher, au 23e rang, un receveur de premier plan pour appuyer Watson. Défensivement, Quinnen Williams pourrait atteindre un nouveau sommet dans son développement sous Saleh. L’ancien coordonnateur défensif des 49ers avait par ailleurs étudié Williams en 2019, lorsque San Francisco a repêché Nick Bosa avec la 2e sélection cette année-là, un choix devant Quinnen Williams. Bref, les Jets savent ce qu’ils ont à faire : amener Deshaun Watson en ville – au grand désarroi des partisans des Texans.


Houston, We Have a Problem.

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