• Kevin Dover-Green

Les Dolphins de Miami, ces mal-aimés dont personne ne parle

Le 1er septembre 2019, les Dolphins de Miami échangeaient le joueur de ligne étoile Laremy Tunsil et le receveur Kenny Stills aux Texans de Houston en retour de deux choix de première ronde (2020, 2021). Puis, ce fut au tour de Minkah Fitzpatrick de plier bagages, échangé aux Steelers de Pittsburgh en retour, lui aussi, d’un choix de premier tour en 2020. Puis, les Dolphins ont ensuite entamé la saison avec un gênant dossier de 0-7. De plus, leur unité défensive était la pire de la NFL pour les points alloués et l’une des pires des deux dernières décennies. « Tank for Tua! », disait-on.


Ce qui semblait alors être une déconfiture totale, il y a un peu plus d’un an de cela, s’avère finalement tout autre aujourd’hui. Et le plus remarquable dans ce véritable virage à 180 degrés? Les Dolphins savaient exactement ce qu’ils faisaient. Alors que toute l’attention médiatique a été portée à l’endroit des Bills de Buffalo et de leur ascension fulgurante au sommet de la division Est de l’Américaine et, du même coup, à la chute libre des Patriots de la Nouvelle-Angleterre post Tom Brady, les Dolphins de Miami, pendant ce temps, se sont faufilés parmi les meilleure équipes de la conférence – et pourtant, personne n’en parle.


À deux semaines de la fin de la saison régulière, les Dolphins ont une fiche gagnante pour la première fois depuis 2016 (9-5) et leur unité défensive se situe au 1er rang pour les points alloués (257) jusqu’ici cette saison, tout juste devant celle des Steelers. La dernière fois que Miami a pu compter sur la meilleure défense de la ligue à ce chapitre, c’était en 1998. Cette année-là, les Dolphins ont terminé la saison avec un dossier de 10-6, n’allouant que 265 points à l’adversaire. On louange souvent le jeu défensif des équipes comme Pittsburgh, Buffalo, Green Bay, Baltimore, Indianapolis et la Nouvelle-Orléans, faisant rarement mention des Dolphins. Peut-être parce que ce succès fut inattendu. Peut-être aussi parce qu’ils sont dans l’ombre, bien malgré eux, des Bills et de Josh Allen. Ou peut-être parce qu’on attribue davantage ce succès aux déboires des Patriots qu’autre chose, finalement. Dans tous les cas, ils sont insuffisamment respectés et sous-estimés; ils sont mal-aimés.


Donc, comment une unité défensive qui se trouvait au dernier rang pour les points alloués (30.9 par match) en 2019 peut-elle être la meilleure du circuit la saison suivante avec une impressionnante moyenne de 18.4 points alloués par match? La différence est frappante, en ce sens que les Dolphins allouent presque deux touchés de moins par match que la saison dernière. Il ne s’agit hélas pas d’une anomalie, et on peut l’expliquer de plusieurs facteurs. D’abord, il faut donner du crédit au coordonnateur défensif de première année Josh Boyer. Aux côtés de l’entraîneur-chef Brian Flores, Boyer a amené une toute autre dynamique à l’équipe en défense. D’ailleurs, un changement clé apporté par Boyer : le blitz agressif. Les signatures de Kyle Van Noy, Shaq Lawson et Emmanuel Ogbah sur le marché des joueurs autonomes, l’été dernier, ont grandement contribué à transformer la défense des Dolphins en une unité qui met beaucoup plus de pression – et de façon convaincante – sur les quarts adverses. Elle est passée du 11e rang pour le blitz avec un taux de 31.6% en 2019, au 3e rang cette saison avec un taux de blitz de 40.1%, derrière les Steelers et les Ravens seulement. Du lot, Emmanuel Ogbah compte 9 sacs du quart à lui seul, des 37 de l’équipe cette saison.


Sur une autre note, Miami compte sur l’une des meilleures tertiaires de la NFL. Sans équivoque, l’ajout de Byron Jones au côté opposé à Xavien Howard permet aux Dolphins de miser sur ce qui se veut le meilleur duo de demis de coin de la ligue. Les maraudeurs versatiles Bobby McCain et Eric Rowe, deux demis de coin convertis, alloue à l'équipe la polyvalence nécessaire dans des situations de couverture d'homme à homme tout en étant efficaces dans leurs rôles respectifs de maraudeurs. McCain, notamment, se démarque avec une note Pro Football Focus respectable de 74.4. Cela dit, on ne peut parler de cette tertiaire sans faire mention de Xavien Howard, sans contredit le meilleur demi de coin de la NFL présentement – probablement même le meilleur depuis deux ou trois ans. Howard mène la ligue pour les interceptions avec 9, en plus d’avoir la meilleure cote PFF à sa position avec 87.3. Bien qu’il ait été limité à seulement cinq matchs en 2019, il avait aussi mené la NFL pour les interceptions en 2018, et ce même s’il n’avait pris part qu’à seulement 12 matchs cette année-là. Il est indéniable que Howard sera de la conversation pour le joueur défensif par excellence de la NFL cette saison.


Cela dit, les lacunes des Dolphins se trouvent majoritairement en attaque. Le quart recrue Tua Tagovailoa performe bien dans les circonstances avec 134 passes complétées pour 1359 verges, 9 touchés et seulement 2 interceptions à sa fiche en 8 matchs. L’ancienne gloire du Crimson Tide d’Alabama compte également 3 autres touchés par la course pour 70 verges supplémentaires. Le problème n’est pas le rendement de Tagovailoa, mais plutôt celui des receveurs de passe et des porteurs de ballon qui l’entourent. Myles Gaskin mène l’équipe pour les verges au sol avec 477, et Devante Parker mène les receveurs avec 677 verges par la voie des airs. De plus, les Dolphins n’ont qu’un seul joueur avec plus de 4 touchés, soit l’ailier rapproché de troisième année Mike Gesicki. Néanmoins, ces problèmes de production offensive pourraient rapidement se régler pour la formation floridienne. Miami aura l’opportunité de sélectionner un receveur de passe ainsi qu’un demi-offensif de premier plan avec leurs choix de 1er tour au prochain repêchage. Il ne faut pas oublier que les Dolphins détiennent la sélection des Texans, présentement projetée pour être le 6e choix au total à l’encan 2021. Les deux derniers affrontements des Texans pour conclure la saison sont contre les Bengals de Cincinnati et leurs rivaux de section, les Titans du Tennessee. C’est donc dire que les Dolphins pourront peut-être mettre la main sur le receveur Ja'Marr Chase, de LSU, avec le choix en provenance de Houston. Puis, avec leur propre sélection, ils pourraient repêcher le demi-offensif Travis Etienne de Clemson, ou encore Najee Harris d’Alabama. L’idée d’un noyau offensif centré autour de Tagovailoa, Chase et Etienne a de quoi faire saliver les partisans des Dolphins – et avec raison.


Bref, les Dolphins de Miami continueront d’être une équipe en ascension au courant des prochaines années et ils rivaliseront certainement avec les Bills de Buffalo au sommet de la section Est de l’Américaine très prochainement. Pour le moment, ils demeurent une équipe qui pourrait jouer les trouble-fêtes en séries éliminatoires en raison de leur défense dominante. Les Dolphins avaient notamment Patrick Mahomes et les Chiefs dans les câbles à un certain moment, il y a deux semaines, le forçant à lancer trois interceptions en plus de le plaquer pour un sac de 30 verges. Miami occupe présentement le dernier rang offrant une place en séries éliminatoires, tout juste devant les Ravens de Baltimore. S’ils réussissent à se qualifier, tout pourrait arriver. Comme on dit : « on ne sait jamais! »

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