• Vincent Filteau

Super Bowl LV : pourquoi les Chiefs vont gagner

Commençons par la réponse simple : parce que les Buccaneers n’ont aucune chance de remporter le Super Bowl. Malgré qu’ils jouent à domicile – une première dans l’histoire de la NFL –, les Buccs seront l’agneau sacrifié du plus grand événement sportif planétaire de l’année. Nous aurons possiblement droit à un combat inégal, comme ce fut le cas entre les Broncos et les 49ers en janvier 1990.


Tout d’abord, les Chiefs ont atteint un niveau d’exécution à l’attaque surpassant celui des 49ers de Bill Walsh. Ils frôlent presque la perfection chorégraphique, Tyreek Hill (le receveur le plus menaçant de la NFL) est impliqué dans toutes les facettes du jeu : Wheel Routes et Jet Sweeps à foison sont à prévoir. Sa rapidité médusera même Devin White, possiblement le linebacker intérieur le plus explosif depuis Ray Lewis. De plus, Travis Kelce est en voie de surpasser son adversaire de dimanche, Rob Gronkowski, au titre de meilleur ailier rapprocher de l’histoire. Depuis deux saisons, Kelce s’est métamorphosé : il est devenu un bloqueur robuste qui souhaite s’impliquer ardemment dans le jeu au sol. Il n’est jamais blessé et ses statistiques les plus impressionnantes sont à la hausse. En 2020, il a dépassé la marque record établie par George Kittle en 2018 (1377) pour le plus grand nombre de verges cumulées pour un ailier reproché en une saison, la hissant à 1416. Chose certaine, il est difficile de déterminer quelle munition profite le mieux à Patrick Mahomes entre Kelce et Hill, mais disons qu’en 2020, la palme revient plutôt au #87.


Parlant de Mahomes, il a connu une meilleure saison qu’en 2019, inscrivant 12 passes de touchés de plus – son pourcentage de touchés par tentative de passe est monté de 5.4% à 6.5%, son pourcentage de passes complétées est le meilleur de sa carrière (66.3%) et son QBR s’est amélioré substantiellement, en montant de 105.3 en 2019 à 108.2. Sans oublier que sa moyenne de verges aériennes par match a également connu un bond de 287.9 à 316.0 piles. Pour dire les choses simplement, le quart-arrière des Chiefs est en pleine possession de ses moyens. Il retourne au Super Bowl en tant que champion en titre et les injections massives d’antidouleur dans son pied droit l’empêcheront d’être incommodé par sa blessure. La défensive des Bills est presque aussi talentueuse que celle des Buccs et Mahomes lui a servi une clinique sur l’art du quart-arrière en finale de l’AFC. La tertiaire de Tampa Bay est le maillon faible de cette équipe et Mahomes exploitera cette lacune problématique mieux que quiconque.


Aussi sensationnel fut-il en première demie contre les Packers en finale de la NFC, Tom Brady a été atroce dans la deuxième. Le propre des quarts-arrière de plus de 40 ans est l’inconstance. Brady n’échappe pas à cette loi naturelle du football. Le front défensif des Chiefs est bâti de sorte à exercer de la pression sur le quart-arrière par le milieu, c’est-à-dire le meilleur moyen de gêner Brady et de lui faire perdre patience. Bien que la ligne offensive des Buccs s’est améliorée de manière significative au cours des éliminatoires, elle s’est illustrée en bloquant la pression venant des flancs. Chris Jones sera probablement le héros obscur de ce Super Bowl, son MVP oublié.


La défensive des Chiefs est largement sous-estimée et sa contribution sera essentielle à ce deuxième championnat consécutif qui attend assurément les Chiefs. N’oublions pas que le coordonnateur défensif des Chiefs, Steve Spagnuolo, occupait la même fonction avec les Giants de New York lors du Super Bowl XLII quand ils ont surpris la planète en entière en triomphant des Patriots invaincus de 2007. Spagnuolo possède le numéro de Tom Brady, tout comme c'était le cas pour Wade Phillips, et il le prouvera à nouveau demain soir. Jadis, blitzer Brady était la pire chose à faire ; maintenant, à 43 ans, c’est la façon de le battre - et les schèmes de blitz de Spagnuolo sont parmi les plus abstraits (et les plus efficaces) de la NFL.


Partisans des Buccs ou de Brady, je vous demande pardon pour ce pessimisme, mais Tampa Bay n’est tout simplement pas de taille contre l'escadron de guerre des Chiefs, la Big Red Machine de la NFL. Pour gagner ce match, les Buccaneers doivent être parfaits, les Chiefs non, ce qui leur laisse une marge de manœuvre considérable.


Une victoire des Buccaneers serait presque comparable à celle des États-Unis contre l’Union Soviétique aux Jeux Olympiques de Lake Placid en 1980. Elle relèverait du miracle – et contre Patrick Mahomes les miracles n’arrivent jamais.

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